Sauvetage de grands animaux en danger : une mission qui ne s’improvise pas !

Les sapeurs-pompiers ont des missions variées, parmi lesquelles le sauvetage d’animaux, de toutes tailles, en danger. Cette mission peut être due à un incendie, un accident, qu’il soit de la circulation ou dû à une chute, un obstacle mal passé. Comment aborder et sauver un animal blessé, apeuré, dangereux, tout en restant en sécurité ?

Chaque animal a son tempérament et ses armes (cornes, pattes, venin, …) et il convient pour les sapeurs-pompiers de s’exercer à ces missions particulières. Un animal en danger subit le stress de la situation et peut tenter de fuir ou développer un comportement inhabituel, agressif. Pour travailler en sécurité, les sauveteurs doivent connaitre les risques encourus et les attitudes à adopter dans ce type d’intervention.

Une formation de l’Ecole du Feu de la Province de Liège

Lors de la formation pour le sauvetage de grands animaux, organisée par l’Ecole du Feu de la Province de Liège, en collaboration avec le refuge animalier « Animaux sans toit » à Faimes, les sapeurs-pompiers y ont abordé la procédure opérationnelle standardisée pour ce type d’intervention et se sont ensuite exercés à l’approche, la sécurisation des lieux et la mise sous contrôle de la situation pour réaliser un sauvetage en coordination avec une équipe spécialisée dans ce type d’intervention.

Approcher l’animal sans l’apeurer

S’approcher d’un animal demande un comportement adapté. Par exemple, le sapeur-pompier qui doit approcher un cheval doit le faire calmement, en étant en « ¾ avant », côté gauche, afin d’être dans son champ de vision et ne pas créer de mouvement de panique en apparaissant brusquement. « La vue, l’odorat et l’ouïe sont beaucoup plus développés chez les animaux que chez les humains » explique Sébastien BAEKE, formateur de l’Ecole du Feu de la Province de Liège. « Il convient donc de ne pas faire de gestes brusques, de ne pas transmettre les directives en criant, … ».

Pour veiller à leur intégrité physique, il leur est aussi essentiel de déterminer la zone de danger, liée aux éventuels mouvements de la tête, des pattes, des cornes, … de l’animal et aux coups et blessures qu’ils peuvent provoquer. Dans cette optique de sécurité toujours, un itinéraire de fuite doit être prévu en cas de danger. « Le sapeur-pompier, ou tout autre intervenant présent durant l’opération, ne doit pas se trouver entre l’animal et un mur. En cas de mouvement de l’animal, il serait bloqué et en danger ».

Prévenir les risques variés

En situation sur le terrain, dès leur arrivée sur les lieux, les sapeurs-pompiers doivent fixer et sécuriser la situation et réaliser un appel à renfort d’une équipe spécialisée en sauvetage animalier :  « en province de Liège, deux zones de secours (Hesbaye et Vesdre-Hoegne-Plateau) disposent d’une équipe spécialisée « Animal Rescue Team » »

Si plusieurs animaux se trouvent sur la voie publique, tout en veillant au possible « effet de troupeau, qui incite les autres animaux à s’approcher ou au contraire pousse l’animal blessé à tenter de s’enfuir », les sapeurs-pompiers peuvent déjà installer des barrières nadar pour réduire la zone de danger, tendre une corde à bonne hauteur pour représenter une barrière électrique, arrêter la circulation, …

Les risques d’une telle intervention sont variés : la zone d’intervention elle-même peut comporter un certain nombre de dangers : sources d’eau, fils électriques, inégalités de terrain, … Il convient donc de les reconnaître et d’agir en conséquence. Cette zone d’intervention est parfois difficile d’accès et il revient aussi aux sapeurs-pompiers de dégager la voie pour permettre l’arrivée plus aisée des spécialistes.

Dans certaines situations, telle qu’un animal tombé dans une fosse à lisier, qui dégage des gaz dangereux, ils doivent s’équiper de leur ARI (appareil respiratoire indépendant) pour se protéger d’une intoxication. La protection revêtue doit aussi les protéger des maladies zoonoses, transmissibles de l’animal à l’homme, dont la teigne. En cas d’intervention dans un plan d’eau, ils doivent alors s’équiper de gilets de sauvetage.

Faire appel aux services spécialisés

La collaboration avec des équipes spécialisées et d’autres disciplines de la sécurité et l’urgence est un élément essentiel à la réussite de ce type d’opération : la police pour établir un périmètre de sécurité, ordonner la saisie de l’animal, les grimpeurs et/ou plongeurs pour le matériel spécifique, le vétérinaire pour les soins adaptés, une autre équipe pour le transport d’un animal de grande taille, … 

Face au phénomène croissant d’interventions mettant en cause des animaux, l’Ecole du Feu de la Province de Liège propose des formations aux autres disciplines de la sécurité et de l’urgence, pour tous les animaux, dont les NAC (nouveaux animaux de compagnie), afin de leur permettre d’apporter une réponse tactique adaptée.


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